vendredi, 24 novembre 2006

Le Feijoa

medium_Feijoa.jpgLe feijoa est un arbre fruitier originaire du Sud Brésil, de l'Uruguay, du Paraguay et du Nord de l'Argentine. On l'appelle aussi feijoa sellowiana ou acca sellowiana, il appartient à la famille des myrtacées.
Il a été introduit en France dans la région de Nice en 1890 par Edouard André. Bien que l’arbre en lui-même soit rustique et résistant au froid, sa culture reste toutefois réservée aux régions du sud car le feijoa a besoin de chaleur pour que ses fruits arrivent à maturité. La floraison est tardive, donc pas de risques de gel mais les fruits mûrissent à la fin de l’automne, vers novembre, décembre. Dans les régions du nord, les gelées ont déjà fait leur apparition à ces dates-là !

C’est un arbre au feuillage persistant, très décoratif avec des branches généralement bien ramifiées et un tronc, de couleur rougeâtre, couvert de plaques d'écorce claires. Les feuilles opposées, sont coriaces, de forme simple, vert brillant à leur face supérieure et argentées au revers. Ses fleurs sont superbes avec des pétales enroulés blanc-argenté à l'intérieur pourpre, entourant un bouquet épais de longues étamines rouges à anthères jaunes. Ces pétales au goût sucré peuvent apporter une note exotique dans les salades.

Les fruits, également appelés goyaves ananas, goyaves du Brésil ou goyaves de Montevideo, sont ovales et mesurent généralement de 4 à 6cm de long pour 2,5 à 5cm de largeur. La peau reste verte même à maturité et exhale une odeur agréable. La pulpe du fruit est blanche translucide, granuleuse, juteuse et très parfumée,  riche en vitamine C. Le feijoa est très rafraîchissant et parfumé. Il se marie bien avec les pommes et les bananes. Il se consomme nature, en jus de fruit ou en compote. D’après les connaisseurs, c'est en confiture qu'il se révèle vraiment exquis. Les feijoas se conservent quelques semaines au frigo (4°C) s’ils ne sont pas trop mûrs, moins longtemps à température ambiante.

En France, le feijoa est très peu cultivé pour ses fruits, leur goût spécial n’a pas trop plu. Du coup, il est rare d’en trouver sur les marchés. J’ai déniché les miens à Antigone (quartier de Montpellier) au marché paysan du dimanche matin chez un producteur de Sallèles d'Aude. Ne connaissant pas, j'ai décidé de goûter.


mardi, 21 novembre 2006

Le kaki

medium_kaki.jpgLe kaki est le fruit du plaqueminier (Diospyros kaki L.), originaire de Chine ou il pousse spontanément. Il a été introduit au Japon depuis plus d'un millénaire où il est considéré comme l'un des meilleurs fruits qui soient (on y recense plus de 800 variétés cultivées). Le kaki fait partie des produits traditionnellement dégustés pour célébrer le nouvel an.
 
En Europe, les premiers essais d'acclimatation ont été tentés en 1869 au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris et le kaki a fait sa première apparition chez les marchands parisiens en 1873. Un ingénieur des constructions navales nommé Dupont installa, à Toulon, une collection de 27 variétés de plaquemines. Le climat a convenu parfaitement au kaki et beaucoup de pays du bassin méditerranéen le cultive actuellement. Si vous vous promenez dans nos régions durant cet hiver, vous risquez de tomber sur ces arbres qui portent sur leurs branches dénudées des fruits bien orangés.
 
Les fruits sont de la grosseur d'une tomate, avec une belle teinte orangée et une peau translucide à maturité. Les variétés classiques, comme hachiya, donnent des fruits qui doivent être consommés très mûrs et même blets, sans quoi ils sont âpres et immangeables. La pulpe, juteuse et sucrée, se déguste alors à la petite cuillère. De nouvelles variétés, comme le fuyu ou la variété sharon originaire d'Israël, sont comestibles même avant blettissement, et peuvent se croquer comme des pommes. Le fuyu (en haut sur la photo) de forme légèrement aplatie, possède une fine saveur vanillée.
 
Le kaki contient différents pigments, carotènes, lycopènes et xanthines en abondance, et est, avec la mangue, le melon et l'abricot, l'un des fruits les plus riches en provitamine A. Avec un seul kaki (60 à 100 g net), on assure pratiquement le tiers de l’apport conseillé pour la journée. Il a une teneur élevée en glucides, il est parmi les fruits les plus énergétiques (66 kcalories - 276 kJoules - aux 100 g), ce qui le situe entre les cerises et le raisin. Le kaki est également un fruit plutôt bien pourvu en minéraux : leur teneur totale avoisine 700 mg aux 100 g. Le potassium domine, avec une teneur de l’ordre de 170 mg. On y trouve aussi du calcium (21 mg), du phosphore (20 mg), et de petites quantités de magnésium et de sodium, ainsi que des oligo-éléments variés (fer, cuivre, zinc, manganèse...)

vendredi, 17 novembre 2006

Le chou romanesco

medium_chou-romanesco.jpgLe chou romanesco fait partie de la grande famille des choux (Brassica) avec comme proche parents le chou fleur et le brocoli. Il a été décrit pour la première fois en Italie au 16è siècle dans la région de Rome où il était exclusivement cultivé, d’où son nom. Mais il n'a été introduit sur les marchés internationaux qu'au début des années 1990. Il est produit essentiellement en Bretagne, notamment à Saint-Pol-de-Léon et Paimpol où règne un climat doux et océanique, et en Normandie dans un plus faible volume. Présent d’août à mi-décembre sur les étals, le romanesco français est remplacé par l’espagnol et l’italien de janvier à avril.
 
De couleur vert clair, sa forme est fascinante et fait plus penser à un objet extraterrestre qu’à un légume ! Elle est une illustration parfaite du principe mathématique des  fractales  ; une fractale étant un objet présentant une auto-similarité. Dans le cas présent, toutes les « florettes » sont identiques les unes aux autres bien que de taille différente et si l’on agrandit chacune d’elles, elle est la réplique exacte du chou romanesco en entier. Autre curiosité mathématique, les « florettes » se succèdent les unes aux autres en s’enroulant en spirale selon un rythme appelé « Suite de Fibonacci », en répondant au fameux « nombre d’or », source de toute hamonie esthétique selon les artistes de la Renaissance. De là à penser que le légume cultivé à Rome ait inspiré les savants et artistes  de l’époque...
 
Le chou romanesco se prépare comme le chou-fleur, on sépare les bouquets. La cuisson est rapide, il faut surveiller pour garder le croquant et ainsi conserver toutes les valeurs nutritionnelles ( vitamines C et B9, carotène, calcium et fer ). Le romanesco peut se consommer de plusieurs manières : cuit simplement à la vapeur ou à l’eau et agrémenté d’huile d’olive, en gratin. On peut également le déguster cru avec ses petits bouquets à l’apéritif comme le chou-fleur blanc.

mercredi, 15 novembre 2006

Le navet de Pardailhan

medium_panneau_pardailhan.jpgPardailhan, petit village de l’Hérault entre Saint-Chinian et St Pons de Thomières, dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc. Situé sur un plateau à 521 mètres d'altitude,  son climat est plus froid et humide que dans la plaine, une quinzaine de kilomètres plus bas. Les cultures méditerranéennes traditionnelles comme la vigne et l’olivier n’y sont pas possible. Le paysage est formé de landes, de forêts et de paturages. La culture du navet s’y est developpée depuis des siècles. La variété cultivée est le long noir de Caluire, une variété ancienne répandue, mais le terroir particulier de Pardailhan lui donne un goût unique.

medium_pardailhan.jpg Très prisé au XIXè siècle où il était mis en conserve et obtenait des prix dans les expositions internationales, le navet de Pardailhan était peu à peu passé de mode. Quelques agriculteurs cependant continuaient cette culture traditionnelle et vendaient leur production sur les marchés locaux. Il y a une dizaine d’années, ils se sont regroupés en association pour valoriser ce navet espérant profiter de l’engouement pour les produits du terroir. Le mouvement Slow Food, une association qui s'oppose à la standardisation des goûts liée à la culture fast-food et qui défend les produits locaux, l’a inclus dans son projet Sentinelles, la sauvegarde et la promotion du patrimoine alimentaire et de la biodiversité agricole. La production de navet de Pardailhan reste toutefois encore limitée (moins d'une dizaine d'hectares), mais sa notoriété ne cesse de croître et il pourrait prochainement bénéficier d'une appellation d'origine contrôlée.

medium_navet_pardailhan.jpgLes navets sont semés entre avril et août. Des pluies sont nécessaires avant la fin août afin que le navet puisse se développer avant l’hiver. Il est récolté à la main de novembre à février. Le navet de Pardailhan a la peau noire avec de nombreuses radicelles, mais l’intérieur est blanc. Son goût rappelle la noisette ou le pignon. Il est doux, tendre et délicat. On le mange cuit, froid en vinaigrette ou en accompagnement comme légume.

jeudi, 09 novembre 2006

Le Panais

medium_panais.jpgNom scientifique : Pastinaca sativa, famille des Apiacées.
Le nom du panais, "Pastina " est dérivé de "pastus" qui signifiait nourriture dans l'Antiquité. Le panais est une racine potagère de couleur blanchâtre, appartenant à la famille des ombellifères comme la carotte, et connu dès l’Antiquité du bassin méditerranéen jusqu'aux montagnes du Caucase. Les Romains l’appréciaient beaucoup mais on ne sait pas quand il a été domestiqué et comment il s'est diffusé dans toute l'Europe de l'Ouest. Au Moyen Âge, il figure parmi la centaine de plantes, cultivées dans les monastères, énumérées dans le « Capitulaire De Villis », ordonnance de l'époque de Charlemagne. Sa ressemblance avec la carotte a entretenu la confusion pendant longtemps : la distinction entre les deux plantes  n'était pas toujours nette jusqu'à la fin de la Renaissance. Actuellement, le panais fait partie en France des légumes oubliés alors qu’il est toujours apprécié des anglo-saxons, surtout les Anglais.

Le panais se sème de février à juin et se récolte 4 mois après le semis. On peut également le semer en automne, ses racines pouvant passer l'hiver en terre, ce qui accroît leur goût sucré lorsqu'il gèle. La récolte se fait alors de mars à avril. Entier, le panais se conserve jusqu'à 4 semaines dans le bac à légumes du réfrigérateur.
Le panais peut se cuisiner sans être pelé mais moi je préfère ôter la peau. La chair du panais noircit au contact de l'air. Il faut donc le cuire immédiatement ou le mettre à tremper dans une eau citronnée. Le panais se prépare comme la carotte, le salsifis ou le navet. On peut donc le consommer cuit en soupes, en purée, en pot-au-feu, dans une poêlée de légumes ou dans toute autre préparation selon votre imagination ; en accompagnement de viandes ou de poissons. Il a une saveur assez vive et un petit goût de noisette.
Le panais est une excellente source de potassium et d'acide folique, il contient des vitamines B1, B2, B3, B5, B6, C et E. Mangez des légumes c’est bon pour la santé !

mercredi, 25 octobre 2006

Le Rutabaga

medium_Rutabaga.jpgNom commun : rutabaga
Nom scientifique : Brassica napobrassica
Famille : crucifères (brassicacées)

C'est une plante potagère résultant de l'hybridation d'un navet et de chou frisé. Son nom vient du suédois rotabaggar, qui signifie « chou-navet », et ce terme est apparu dans la langue en 1803.  Ce légume est originaire de l'Europe du Nord et riche en potassium, calcium, soufre, phosphore. Comme tous les autres légumes de la famille des crucifères (le navet, le brocoli, le chou-fleur, etc), sa consommation régulière pourrait contribuer à prévenir certains cancers tels que celui du poumon, des ovaires et des reins. Par ailleurs, une étude a démontré qu'une consommation fréquente de crucifères (plus de 30 fois par mois) était associée à une plus faible concentration sanguine d'homocystéine6, un acide aminé constituant un facteur de risque de maladies cardiovasculaires lorsque sa concentration est trop élevée dans le sang.

Dans nos pays, le navet et le rutabaga n'ont jamais eu la côte. Ils sont souvent considérés comme des aliments de famine, tout juste bons pour les temps de guerre et les hivers maigres. Du coup ce sont les classes les plus pauvres de la société qui en consommaient le plus. Actuellement, la situation change un peu, de grands chefs comme Marc Veyrat ou les frères Pourcel ont l'audace de mettre ces légumes au menu. En revanche, en Chine, les navets sont largement appréciés par toutes les classes de la société.

Le rutabaga est un légume d’automne et d'hiver qui peut se consommer en crudités ou cuit le plus souvent, en purée, à la vapeur, dans les soupes et dans les bouillies.

mardi, 24 octobre 2006

Le Topinambour

medium_Topinambour.jpg

Nom scientifique : Helianthus tuberosus L.
Famille des Astéracées

Le topinambour est une plante vivace de la famille des Astéracées, voisine du tournesol, cultivée comme légume pour ses tubercules. Il est originaire d'Amérique du Nord, cultivé par les tribus amérindiennes. Il fut introduit en Europe au début du XVIIe siècle. Son nom résulte de la francisation du nom d'une tribu du Brésil, les Tupinambas, dont plusieurs membres furent amenés comme curiosité à Paris en 1613, à peu près à la même époque où la plante arrivait en France.

La culture du topinambour s’est répandue ensuite un peu partout car c'est une plante rustique, facile à cultiver, même dans les sols les plus pauvres. La plante n'est sensible ni aux maladies ni aux prédateurs, ni au froid tant qu'elle est en terre. Tout comme la pomme de terre, le topinambour a bénéficié d'un grand succès à son arrivée. Parmentier entama une véritable campagne de sensibilisation pour expliquer comment le manger. Mais comme le rutabaga, il a fini par être considéré comme un légume de pauvres. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il faisait partie des légumes prévus dans les rations ce qui lui vaut une mauvaise réputation surtout chez les plus âgés.

Très nourrissant, le topinambour est riche en potassium, en phosphore et en calcium. C’est une bonne source de fer et de thiamine. Il se déshydrate très rapidement, il a besoin d'humidité et ne doit pas être exposé au soleil. Au réfrigérateur il est possible de le conserver plusieurs semaines sans le laver. Avant de le faire cuire, brossez avec douceur les aspérités et circonvolutions du légume. Il n'est pas nécessaire de l'éplucher avant cuisson. Sa peau lui donnera du caractère.

vendredi, 06 octobre 2006

Le Gingembre

medium_le-gingembre.jpgLe gingembre est une plante tropicale originaire de la région orientale des Indes. C'est une plante vivace qui peut atteindre une hauteur de 1 à 1,50 mètres, ses feuilles sont vertes et lancéolées, son rhizome tubéreux aromatique, ses hampes florales sont un spectacle. Elle ne fleurit que sous les Tropiques, en été. Ses fleurs jaunes avec une lèvre rouge, terminales, en courts épis serrés, éclosent sur une pousse courte couverte d'écailles. Ses fruits sont des capsules trivalves qui renferment de petites graines noires. Ce que l'on utilise le plus de la plante est donc son rhizome avec son goût piquant, poivré, brûlant, légèrement citronné, laissant une impression de saveur fraîche voire glaciale pour le frais frais. Le gingembre est cultivé en Inde, Chine, Taiwan, Nigeria, Jamaïque, l'île Maurice et l'Australie.

C'est l'une des épices les plus anciennes, connues depuis très longtemps en Extrême-Orient et très apprécié dans la cuisine orientale. Pour les Indiens c'est la plante fondamentale, la médecine ayurvédique la considère comme le wiswabhesaj, remède universel. Le Grec Dioscoride le recommande pour favoriser la digestion, de même que le romain Pline pour fortifier l'estomac et relâcher le ventre. Plus tard, les pharmacopées louent les vertus toniques, stomachiques, stimulantes et aphrodisiaques du gingembre qui est également réputé faire tomber la fièvre. Dans la culture asiatique, le gingembre est paré de nombreuses vertus et a notamment des fonctions revigorantes et vasodilatatrices sur les organes du bassin, d'où des vertus aphrodisiaques qui lui sont prêtées sur de nombreux continents.

Dans les supermarchés au rayon fruit et légumes, il est en vente sous forme de tubercules à faire peser. Il faut les choisir fermes avec une peau fine et légèrement argentée. Le gingembre se conserve longtemps au sec. Il peut même parfois germer dans votre cuisine.

Pour répondre à Ginette, je mets du gingembre dans quasiment toutes mes recettes parce que j'aime cette épice. Je l'ai découverte dans un restaurant où je travaillais il y a une quinzaine d'années. Elle est subtile, les rhizomes sont facile à travailler et elle se marie avec pratiquement tout. Mais on n'est pas du tout obligé d'en mettre partout comme le sel et le poivre. C'est une question de goût. A vous de voir.